"You are always on my mind!"

mercredi 10 décembre 2008

Streets of London


"Have you seen the old man in the closed down market,
Kicking up the papers with his worn out shoes?
In his eyes you see no pride, hand held loosely by his side
Yesterday’s papers telling yesterday’s news."[...]








Un texte poignant de Ralph McTell, repris par de nombreux artistes parmi les plus grands, dont les Beatles et Roger Whittaker, sur le thème très classique de la solitude et de la consolation qu'est supposée apporter la contemplation du plus grand malheur des autres.

"Il y a toujours plus malheureux que soi", dit-on, mais cette affirmation n'a rien de rassurant ni de rassérénant. L'animation des grandes villes et l'anonymat qu'elles offrent ne font qu'accentuer le contraste et aviver la souffrance des laissés pour compte.

Ce sont "les villes de grande solitude", selon la formule percutante de Pierre Delanoë chanté par Michel Sardou.

Grande ville, grande solitude !
Je ressentais fortement cette impression chaque fois que mes voyages m'amenaient à passer une nuit d'hôtel dans une grande métropole, loin de chez moi.

Je ne retrouvais une sorte de sérénité que lorsque j'avais pu l'appeler au téléphone, et recréer le lien entre nous par delà les kilomètres.

C'est cette même impression que j'entrevois parfois, devant moi, me guettant dans l'ombre, patiemment...



Les Rues de Londres


As-tu vu ce vieil homme,
Sur la place du forum

Ramassant les papiers
Du bout de son pied ?

Dans ses yeux, pas de fierté,
Bras ballants sur les côtés,

Les nouvelles d’hier
Dans les journaux d’hier.


Comment peux-tu dire que tu es solitaire,
Et que tu ne trouves pas place sur terre ?
Laisse-moi te prendre par la main
Dans Londres et te montrer le chemin ;
Cela pourra t’aider
A revoir tes idées.

As-tu vu la vieille fille qui court dans les rues de Londres,
Vêtue de haillons, cheveux en désordre ?
Pas de temps pour discuter, ni s’arrêter en chemin,
Elle charrie tous ses biens dans deux grands sacs à main.

Dans un café de nuit, le soir à onze heures et quart,
Le même vieil homme assis à l’écart,
Sur sa tasse de thé, regardant tourner la terre,
Chaque tasse dure une heure puis il rentre solitaire.

As-tu vu ce vieil homme devant l’hôtel de marine,
Sa mémoire palissant comme les rubans sur sa poitrine ?
Dans la cité glacée, la pluie implore de la pitié
De ce monde indifférent pour ce héros oublié.

(Traduction : Polyphrène)

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