"You are always on my mind!"

mercredi 12 novembre 2008

Father and Son


"It's not time to make a change
Just relax take it easy
You're still young that's your fault
There's so much you have to know
Find a girl settle down
If you want to you can marry
Look at me I am old but I'm happy"[...]



Le fossé des générations abordé par Cat Stevens dans une chanson tout simplement splendide !
Tout est dit, sur une mélodie d'une violence (à peine) contenue, où la voix du chanteur descend d'une octave pour parler au nom du père, et remonte pour parler au nom du fils (ne comptez pas sur moi pour parler au nom du Saint-Esprit).
Une fois de plus, Cat Stevens traite d'un sujet très classique, et propice aux banalités et au clichés, mais parvient à nous surprendre dans la forme comme dans le fond.

Sans prendre véritablement parti, il évoque le départ comme l'issue - sinon la solution - naturelle à l'incompréhension entre les générations, mais l'on imagine bien que la chanson aurait pu se prolonger vers la génération suivante, si le registre vocal du chanteur avait été encore plus large !

Le travail de traduction m'amène à revenir sur mes propres difficultés, avec mon père, avec mes enfants...
A vrai dire, l'idée de confier à mon père les secrets de mon âme ne m'est tout simplement jamais venue, non pas que j'ai pu jamais douter de son affection, mais parce que, sans doute, je pensais que cela ne l'intéressait pas ou, plus exactement, ne le regardait pas. Jamais je n'ai imaginé mon père dans un rôle de confident. Ce rôle était pour moi (et, me semble-t-il, pour tous mes nombreux frères et sœurs) dévolu à ma mère, bien que les confidences soient restées (tout au moins pour ce qui me concerne) très limités, indirectes, allégoriques...
Pour autant, il me semblait que les messages les plus importants se passaient des mots, passaient au delà des mots.
Du reste, notre éducation était si fortement imprégnée des règles et interdits de la religion que nous ne pouvions que garder par devers nous tout ce qui nous paraissait peu ou prou enfreindre les tabous ou transgresser d'une façon ou d'une autre le carcan moral qui nous était - indirectement - imposé.

Dans mon rôle de père, j'ai probablement été ainsi conditionné, ne tentant jamais d'obtenir des confidences non spontanées de mes enfants, considérant que je n'avais aucun droit de regard sur leur vie privée, et que mon rôle était d'écouter ce qu'ils voulaient dire sans m'immiscer dans leur intimité.
J'ai cru aussi que les messages pouvaient être véhiculés autrement que par des mots qui leur seraient directement adressés, que l'essentiel était qu'ils soient assurés de notre disponibilité et notre compréhension, que des discussions sur des généralités ou à propos d'étranger pouvaient être l'occasion d'engager un débat non personnalisé sur des questions cruciales...
Comme moi en mon temps, chacun de nos enfants a connu et connaît des difficultés, des angoisses, des peines et des malheurs.
Chacun semble faire son chemin, avec courage et sincérité.
Savent-ils s'appuyer sur nous ? Ma discrétion est-elle un manque de courage ?
Ais-je pu leur donner une impression d'indifférence ?
Savent-ils à quel point je les aime ?




Père et Fils

Il est trop tôt pour changer
Détends-toi, le cœur léger

Tu es trop jeune, voilà tout,

Tu dois apprendre beaucoup
Trouve une fille, fais ton trou,

Tu peux te marier si tu veux

Regard’moi, je suis vieux, mais je suis heureux


J’ai été ce que tu es

Ce n’est pas facile, je le sais

D’être calme et laisser

Les choses se passer

Prends ton temps pour réfléchir
Sans penser à c’ qu’il faut franchir

Car tu seras toujours là demain

Mais tes rêves en moins


Comment pourrais-je m’expliquer ?

Il se dérobe chaqu’ fois que j’essaie

Toujours la même vielle histoire recommencée

Depuis que j’ai su parler

On m’a ordonné d’écouter

Il y a une issue, je sais

Que je devrais m’en aller

Oui je dois m’en aller


Il est trop tôt pour changer

Viens t’asseoir, échanger,
Tu es trop jeune, voilà tout
Tu dois vivre encore beaucoup

Trouve une fille, fais ton trou,

Tu peux te marier si tu veux

Regard’moi, je suis vieux, mais je suis heureux


Moi, j’ai pleuré bien des fois

En gardant tous mes problèmes pour moi

C’est dur mais plus dur encore de les nier

S’ils disaient vrai, j’approuverais

Mais c’est eux qu’ils connaissent, pas moi

Il y a une issue, je crois

Que je devrais m’en aller

Oui je dois m’en aller


(Traduction : Polyphrène)

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